Salaires IT 2026 : l’IA en production capte la prime, la cyber se normalise

Le marché technologique français ne rémunère plus uniformément la « pénurie de talents ». Le baromètre 2026 de Silkhom décrit une redistribution des budgets vers la data, l’industrialisation de l’IA et les fonctions d’architecture ou de gouvernance. Pour les DSI et DRH, l’enjeu devient moins d’augmenter toutes les grilles que d’identifier précisément les compétences encore rares.
Les plus fortes progressions concernent le Data Scientist et le Data Engineer, tous deux en hausse de plus de 10 % selon Silkhom. Le signal est cohérent avec le passage des entreprises de l’expérimentation à la production : la donnée doit être collectée, fiabilisée, sécurisée et distribuée avant d’alimenter les modèles.
Le premier baromètre IA séparé de Silkhom accentue ce contraste. La rémunération moyenne atteint 85,4 k€ pour un LLMOps Engineer et 75,3 k€ pour un MLOps Engineer, contre 49,7 k€ pour un Prompt Engineer. Le Chief AI Officer culmine à 115,8 k€ en moyenne, avec une fourchette pouvant atteindre 160 k€ pour un profil senior à Paris. La valeur se concentre donc sur le déploiement, la supervision, la maîtrise des coûts et la gouvernance, davantage que sur la seule interaction avec un modèle. L’apparition de fonctions comme ingénieur RAG, responsable de la gouvernance IA ou LLMOps confirme la structuration de la filière.
Cyber : baisse des grilles, pas du risque
Le baromètre fait état d’un recul de 8,8 % pour l’ingénieur cybersécurité et de 9,4 % pour le DevSecOps. Silkhom l’attribue à une offre de candidats plus abondante sur certains postes opérationnels, après plusieurs années de formations et de forte tension. La rareté resterait toutefois élevée dans l’architecture, l’IAM, la résilience, la gouvernance et le pilotage des risques.
Cette polarisation s’inscrit dans un marché cadre plus prudent : au troisième trimestre 2026, l’Apec observe des intentions d’embauche au plus bas depuis plusieurs années, tout en indiquant que 61 % des entreprises anticipent encore des difficultés de recrutement, notamment pour les métiers techniques.
Pour les entreprises, il est important de retenir qu’une grille salariale générique « IT » ou « cyber » devient peu opérante. Les budgets doivent être segmentés par expertise, responsabilité, expérience et localisation.
Le baromètre reste toutefois un indicateur, pas une cote universelle. Il s’appuie sur les placements et profils suivis par un cabinet de recrutement, avec des rémunérations fixes hors variables, ventilées entre Paris, grandes villes et régions.
Source: InfoDSI

