IA en entreprise : les salariés s’auto-forment faute de stratégie

Une étude de Cornerstone OnDemand auprès de 2 000 actifs aux États-Unis et au Royaume-Uni révèle que l’adoption de l’IA progresse dans les organisations bien plus vite que leur capacité à l’accompagner. Près de la moitié des salariés (46 %) utilisent des outils d’IA au quotidien sans avoir reçu la moindre formation formelle de leur employeur. Faute de cadre, 65 % développent leurs compétences sur leur temps personnel, par essais-erreurs (47 %), limitation volontaire de leurs usages par crainte de faire des erreurs (36 %), ou simple simulation d’utilisation (17 %).
Les chiffres révèlent une déconnexion structurelle entre les intentions affichées par les directions et ce que vivent concrètement les équipes. Si 75 % des répondants estiment que leur direction a identifié les compétences IA nécessaires à la stratégie de l’entreprise, seuls 33 % indiquent que cela s’est matérialisé par des programmes de formation effectifs. De même, 65 % affirment que leur employeur dispose d’un plan de montée en compétences IA, mais seulement 36 % le jugent correctement communiqué.
Résultat : 56 % des salariés naviguent sans trajectoire claire de développement. Le scepticisme envers le discours managérial est marqué. En effet, 47 % des utilisateurs d’IA se montrent dubitatifs face aux promesses de leurs dirigeants, et seuls 16 % croient réellement que l’IA enrichira leur poste.
Les jeunes générations, premières exposées et les moins accompagnées
L’étude pointe par ailleurs une fracture générationnelle paradoxale. Les profils les plus impactés par la transformation sont aussi les moins encadrés. La génération Z enregistre le taux de transformation des métiers le plus élevé (38 %), mais également le plus faible niveau de formation formelle reçue (59 % sans formation). Les Millennials suivent avec 35 % de métiers transformés et 50 % sans accompagnement.
À l’inverse, les Baby Boomers, moins exposés à la transformation (17 %), bénéficient proportionnellement d’un meilleur encadrement. Sur le fond, les salariés ne rejettent pas l’IA (52 % se déclarent ouverts à développer des compétences dans ce domaine), mais seuls 21 % s’y sentent réellement préparés. Et lorsqu’on leur demande quelles compétences compteront le plus à long terme, ils plébiscitent l’esprit critique (26 %), la créativité (26 %) et la résilience (23 %), loin devant la maîtrise des prompts (16 %) ou les connaissances techniques en IA (12 %).
Un signal que les entreprises auraient tort de négliger dans la conception de leurs programmes de formation.
Source: InfoDSI

